Dimanche 4 octobre 2026, à Amboise, « Puissance verte » a réuni des élus, des experts et des personnalités politiques de droite. L’association veut prouver que la droite et le centre droit agissent déjà dans les territoires, pour en faire un thème majeur de la présidentielle de 2027 et ne plus laisser ce sujet à une gauche qu’elle juge « hors-sol » et culpabilisatrice.
Leur diagnostic
Un déficit d’incarnation : les leaders nationaux de droite n’incarnent pas l’écologie et n’en font pas une priorité. Beaucoup n’osent pas parler d’autre chose que du nucléaire, par peur de passer pour des « gauchistes ».
Une écologie de croissance : soutenir l’innovation jusqu’à sa commercialisation. Exemple : Notpla, qui transforme les algues en équivalent du plastique.
Contre l’écologie de gauche : reproche de faire de la « ségrégation sociale » : des voitures et des travaux trop chers pour les classes moyennes, et le vélo imposé aux territoires sans transports en commun.
Des maires : Puissance verte, s’appuie sur des centaines d’élus locaux pour peser sur les programmes de 2027, puis sur un éventuel projet de gouvernement. Le mouvement interpelle notamment Bruno Retailleau (sic !).
La droite est (très, très peu écologique)
Il y a la croyance, chez les politiques de droite, que les gens ne s’intéresseraient en priorité qu’aux questions d’immigration et de sécurité, alors que c’est faux. Lorsqu’une rivière déborde, les maisons des gens de droite sont autant inondées que celles des gens de gauche ou écolos. Lors de la canicule, être de droite ne protégeait de rien du tout. Dès qu’il s’agit d’énergies renouvelables, l’opposition des politiciens de droite est quasi immédiate, alors que le sujet est vaste et que des élus de droite soutiennent l’éolien et le photovoltaïque.
Il y a l’idée reçue, portée par les lobbies influents à droite, que l’écologie serait forcément associée à une approche punitive issue de la gauche. Pour Puissance verte c’est faux, et elle le voit avec le succès des maires de droite qui mettent l’écologie parmi les premiers sujets d’importance pour les électeurs aux municipales.
Une « écologie de croissance », compatible avec la prospérité
C’est le mantra de l’écologie de droite. Soutenir l’innovation, notamment dans sa phase de commercialisation, pour trouver des moyens de protéger la planète qui soient en même temps des vecteurs industriels.
Leur exemple phare : une entreprise appelée Notpla, basée à Londres et créée à l’origine par des Français, qui a réussi à transformer les algues en équivalent du plastique. On est là totalement dans une logique industrielle et de productivité, tout en étant vertueux sur le plan écologique puisqu’il n’y a pas de transformation chimique. Ils pourraient répondre à un problème économique et touristique majeur en France : celui des sargasses qui touchent les Antilles, mais aussi des algues en Bretagne, qui font fuir les touristes. Les sargasses pourraient faire partie des algues qu’ils sont capables de transformer. C’est typiquement une démarche de croissance et de productivité qui s’inscrit dans la lutte contre le réchauffement climatique et la pollution plastique.
Une écologie ancrée à droite
Il faut porter des sujets véritablement ancrés à droite : la défense de la beauté des paysages, du patrimoine et l’écologie sociale. C’est ce qui fait que l’on est attaché à notre identité, à notre territoire et à notre gastronomie. Cela passe par la promotion des circuits courts, la souveraineté alimentaire et le refus de défigurer des paysages entiers.
Pour Puissance verte l’écologie de gauche fait de la ségrégation sociale. Elle culpabilise les gens en leur imposant d’acheter des voitures beaucoup plus économes en carbone ou de réaliser dans leur logement des travaux aux coûts complètement insurmontables, même pour les classes moyennes. Elle a un côté hors-sol : elle explique à des habitants de départements dépourvus de transports en commun qu’ils doivent uniquement prendre le vélo.
Selon Puissance verte, les maires de droite se battent pour la sauvegarde de la forêt de Montmorency, notamment contre l’ONF, qui a déboisé une partie de la forêt en raison de la maladie de l’encre qui touche les châtaigniers et a refusé de chercher des alternatives à la coupe rase.
Puissance verte et Bruno Retailleau
L’association aimerait que l’écologie devienne un sujet prépondérant, au même titre que l’éducation ou la culture, estimant que c’est un sujet primordial sur le plan économique, sur le plan de nos forces de sécurité et, surtout, sur le plan humain, pour offrir à nos enfants la possibilité de vivre dans un environnement sain.
La démarche des « écologistes de droite » est significative de l’ampleur des reclassements idéologiques que l’urgence climatique impose. On ne peut que leur souhaiter bon courage, mais il est à craindre que les partis de droite et du centre continuent à ne rien comprendre aux problématiques écologiques ; ceux de gauche font au moins semblant de les prendre en compte, mais sont-ils sincère ?