Aux États-Unis, certaines chaînes dites « d’information » diffusent régulièrement des contenus climatosceptiques qui remettent en cause le consensus scientifique. Protégées par le cadre constitutionnel, elles peuvent exprimer des opinions, y compris lorsqu’elles sont inexactes ou trompeuses.
En France, le phénomène existe également, même s’il est moins visible. Pour la première fois, la mésinformation climatique dans les médias audiovisuels français a fait l’objet d’une mesure systématique.
Selon une étude de l’Observatoire des médias sur l’écologie, 655 cas de mésinformation liés au climat ont été recensés en 2025, soit une moyenne d’environ 13 cas par semaine.
Des médias plus concernés que d’autres
Quatre médias concentrent une part importante de ces cas : Sud Radio, CNews, Europe 1 et RMC. À eux seuls, ils représentent environ 65 % des situations recensées.
L’étude rappelle notamment qu’en novembre dernier, CNews a été sanctionnée par le Conseil d’État pour des manquements liés au traitement de ces questions. Elle souligne également qu’entre septembre et décembre, une grande partie des cas recensés concernait CNews et Europe 1.
Des thématiques ciblées
Les énergies renouvelables et les véhicules électriques figurent parmi les principaux sujets concernés. Ces thèmes sont au cœur des politiques publiques de décarbonation, et font parfois l’objet de critiques ou de remises en cause fondées sur des informations incomplètes ou erronées.
L’étude observe ainsi un glissement de certaines formes de désinformation vers une mise en doute systématique des solutions proposées pour lutter contre le changement climatique.
Origine des contenus problématiques
Les cas de mésinformation proviennent majoritairement :
d’invités non politiques (32 %),
d’invités politiques (24 %),
et, dans une moindre mesure, de journalistes (20 %).
Ces contenus apparaissent souvent dans un contexte où le temps d’antenne consacré au climat reste limité, ce qui peut réduire les possibilités de vérification et de mise en perspective.
Des évolutions contrastées
L’étude note une légère amélioration au cours de l’année 2025. Plusieurs médias ayant concentré une part importante des cas en début d’année ont progressivement amélioré leurs pratiques.
Cette tendance ne concerne toutefois pas l’ensemble des acteurs. Certains conservent un niveau élevé de diffusion de contenus problématiques, selon l’Observatoire.
Une analyse appelée à s’élargir
En 2026, l’Observatoire prévoit d’étendre ses travaux à la presse écrite, incluant la presse quotidienne nationale et régionale, les magazines d’information et les sites d’actualité.
Cette enquête ne porte pour l’instant que sur les médias traditionnels. Or, les réseaux sociaux jouent également un rôle majeur dans la diffusion d’informations inexactes ou trompeuses sur le climat.
Un enjeu citoyen
Face à ces phénomènes, le développement de l’esprit critique, la vérification des sources et la compréhension des enjeux scientifiques apparaissent essentiels. La qualité de l’information constitue un élément central du débat démocratique et de la capacité des citoyens à se forger une opinion éclairée.