Tout savoir sur les enjeux sociaux économiques de l'A154, télécharger notre fiche  

Les vagues de chaleur deviennent de plus en plus fréquentes et graves, sur au moins 95 % du territoire européen, démontre l’étude menée par l’Organisation météorologique mondiale et Copernicus, service européen, publiée le 29 avril 2026. Par ailleurs la Cour des Comptes s’inquiète du coût des risques climatiques.

L’Europe a cumulé les situations climatiques extrêmes en 2025. Le continent se réchauffe plus vite qu’ailleurs dans le monde et reste sous la menace d’un retour du phénomène naturel El Niño, montre un rapport publié mercredi 29 avril.

La situation pourrait s’aggraver encore avec le phénomène El Niño – El Niño est un phénomène océanographique qui se manifeste certaines années, par une hausse des températures de l’eau au-delà de la moyenne dans la zone orientale du Pacifique sud – et dont la survenue est probable cette année.

Des records de chaleur inédits
Les vagues de chaleur deviennent de plus en plus fréquentes et graves sur au moins 95 % du territoire européen, souligne le rapport, de la mer Méditerranée au cercle arctique. La région de Fennoscandie, au nord de l’Europe et composée de la Finlande, la Suède et la Norvège, a par exemple enregistré la plus longue vague de chaleur depuis que les relevés existent, avec vingt et un jours à 30 °C ou plus en juillet 2025, deux fois plus que le précédent record.

L’Europe multiplie les records de chaleur : en Turquie, la température a dépassé pour la première fois 50 °C, et en Grèce 85 % de la population a été affectée par des températures proches, ou au-dessus, de 40 °C. L’ouest de l’Europe a aussi été largement affecté, dès juin avec l’Espagne, le Portugal, la France et une partie du Royaume-Uni, et en août avec le Portugal, l’Espagne et la France, montre le rapport.

Les glaciers ont enregistré une perte de masse nette en 2025, le Groenland a perdu 139 gigatonnes de glaces l’an dernier, de quoi augmenter le niveau des mers de 4 millimètres ! Les océans ont aussi souffert avec un record de 86 % des régions océaniques ayant connu au moins un jour d’épisode de chaleur forte.

Ces vagues de chaleur ont des conséquences importantes sur la biodiversité, notamment sur les prairies sous-marines de la Méditerranée, qui font office de barrières marines naturelles et sont sensibles aux températures élevées. Les superficies ravagées par les incendies de forêt ont quant à elles atteint le chiffre record de 1 034 550 hectares.

Le régime des catastrophes naturelles menacé

L’équilibre financier du régime "cat’nat’" est menacé à moyen terme par le changement climatique, alerte la Cour des Comptes. Afin de diminuer la sinistralité à la charge du régime, elle préconise d’en faire sortir certains événements devenus trop fréquents. Elle recommande de faire évoluer le périmètre du régime des catastrophes naturelles, à mesure que certains événements, devenus fréquents, perdent leur caractère exceptionnel.

Depuis sa création en 1982, le régime français des catastrophes naturelles a permis d’indemniser 3,6 millions de sinistres pour plus de 50 milliards d’euros, tout en contenant les coûts pour les assurés. Mais l’édifice, longtemps robuste, se fissure face à la montée en puissance de certains sinistres.

La sécheresse, en particulier, pèse de plus en plus lourd. Son coût moyen annuel est passé de moins de 300 millions d’euros par an avant 2016 à plus d’un milliard d’euros depuis, avec un pic en 2022, de 3,5 milliards d’euros. À horizon 2050, la Caisse centrale de réassurance (CCR) anticipe une hausse du coût des catastrophes naturelles comprise entre 47 % et 85 %, ce qui rend probable le risque d’un recours plus fréquent à la garantie de l’État.

Le rapport recommande donc une réévaluation régulière du « taux d’évolution souhaitable de la surprime » qui le finance et qui est prélevée sur les contrats multirisques habitation et automobile des particuliers et des entreprises. Une réévaluation à la hausse viendrait mécaniquement renchérir le coût de la surprime, déjà passé en moyenne de 25 à 40 euros en 2025.

Pour préserver le dispositif, qui permet à la fois une mutualisation des risques entre les assurés et une solidarité entre les territoires, la Cour appelle à un renforcement des outils de suivi, une meilleure prise en compte des enjeux de prévention et une responsabilisation accrue de l’ensemble des acteurs, en particulier : joindre lors de chaque transaction immobilière une cartographie des risques ; revoir les plans de prévention des risques naturels et l’adaptation des règles d’urbanisme à l’évolution des risques climatiques ; une remise en état plus résiliente après les inondations.


Parmi les bonnes nouvelles, les énergies renouvelables ont représenté pour la troisième année de suite une part supérieure à celle des énergies fossiles concernant la production d’électricité, avec 46,4 % de la production.

Ce rapport, et les mesures préconisées par la Cour des Comptes,nous rappelle que les mesures actuelles en faveur du climat ne sont pas à la hauteur de l’ampleur de la crise, et que la sortie de l’énergie carboné est bonne pour le climat comme pour notre portefeuille. Les collectivités locales ont un rôle majeur à jouer pour protéger leurs administrés, en particulier via les règles d’urbanismes et les politiques de prévention.