Lors des dernières élections municipales, trois listes étaient en lice pour le second tour, remporté par le député, ancien maire, Harold Huwart, 47 %. La liste de droite, Union pour Nogent, menée par le RN avec l’UDR obtenait près de 15 % et 2 élus RN, battue par celle du forum 2026, une initiative citoyenne qui a rassemblé 38 % des électeurs (5 élus). La liste RN-Droite vient d'exploser après l'antisémitisme de sa cheffe de file.
La campagne menée par le RN a été dure, avec un parachutage d’une tête de liste invalidée par le tribunal administratif. Néanmoins, le RN a réussi a monter une liste avec de nombreux nogentais venus de la droite républicaine, mais pas extrémistes croyant à la dédiabolisation du RN. Mal leur a pris, chassez le naturel, il revient au galop : l’élue RN n’a rien trouvé de mieux, sur les réseaux sociaux, que de qualifier le maire de "petit dictateur" et de reprendre une citation de Léon Daudet : «Le maire républicain est un tyran de village élu par la sottise et gouvernant par la peur." ... Léon Daudet est un écrivain, journaliste et homme politique du début du 20e siècle, figure majeure de l’Action française, mouvement nationaliste et antisémite. Il s'est notamment illustré pour son soutien à Philippe Pétain et ses sympathies pour les régimes fascistes et franquistes.
Le différend remonte au début du mois de mai, lors de la distribution du numéro 56 du magazine municipal. Comme à chaque édition, une page était réservée à l’expression des différents groupes politiques du Conseil municipal. Mais l’espace dédié à "Union pour Nogent" est resté vide. Le maire affirme avoir refusé de publier une tribune qu’il jugeait injurieuse et diffamatoire à son encontre. Dans la foulée, l'élue RN a diffusé sur les réseaux sociaux du groupe un texte intitulé : "Harold Huwart : la dérive du petit dictateur". Les réseaux sociaux rendent bêtes : elle aurait mieux fait de saisir le Tribunal Administratif qui aurait jugé sur le fond, mais les vieux réflexes de l’extrême droite ont la vie dure, la légalité républicaine comme le respect de la loi, c’est pour les autres
23 des 29 candidats de la liste RN-UDR ont démissionné, et c’est tout à leur honneur, ne voulant pas être associés à ces propos antisémites. Ils expliquent être "en profond désaccord avec la communication de certains" membres du groupe et dénoncent l’utilisation de termes "totalement inappropriés". Avant de vouloir faire l’union des droites, ils auraient peut-être dû confronter leurs valeurs : quand on dîne avec le diable, il vaut mieux avoir une longue cuillère. La droite républicaine traditionnelle n’a rien à faire avec les extrémistes de droite et devrait défendre elle même ses valeurs et participer au front républicain. Puisse cette aventure servir de leçons aux euréliens tentés par le RN.