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Pourquoi le prix du carburant atteint-il un nouveau record alors que le baril n’est même pas à son maximum ?

édito du 19 septembre 2026

Le consommateur paie le prix fort pour la délocalisation du raffinage du pétrole brut, dont une grande partie est habituellement faite au Moyen-Orient.

Les prix des carburants atteignent de nouveaux records. Ces hausses sont devenues habituelles ces derniers mois, sur fond de guerre au Moyen-Orient. Le blocage du détroit d’Ormuz, principal canal par lequel transite une importante partie du pétrole mondial, fait grimper le cours du Brent (pétrole brut), ce qui se répercute nécessairement sur les prix affichés à la pompe.

Le prix des carburants est bien sûr influencé par le coût du baril, mais aussi par les coûts de raffinage du pétrole brut, le taux de change euro/dollar, les coûts de transport, le stockage et la distribution, ainsi que la marge des entreprises et les taxes qui pèsent à 60 % du prix final.

En Europe, on dispose du brut mais pas des produits finis (essence, diesel, kérosène...) car on a délocalisé une partie des raffineries au Moyen-Orient. Logique : les pays producteurs ont voulu monter en gamme et ne pas être que des fournisseurs de brut. Or, des installations de raffinage de la sous-région ont été touchées et certaines fonctionnent avec des capacités réduites. De plus, il y a également la Russie, qui raffinait une part importante de l’offre de diesel du marché international.

Le marché mondial ne dispose pas instantanément d’une capacité de raffinage de remplacement équivalente à celle qui est perturbée. Les États-Unis font déjà fonctionner leurs raffineries à des niveaux élevés. Il en est de même pour l'Europe ou encore la France qui fait tourner ses six usines de raffinage à plein régime. Les capacités de raffinage disponibles ne suffisent donc pas à transformer suffisamment de brut en carburants. On manque de carburants, donc les prix grimpent et le marché s'est adapté par la vente d’un volume inférieur de carburants : une baisse de 5 à 6 % depuis le début de l’année, près de 8 % pour le diesel. Résultat : des stations parfois sans approvisionnement, des prix à la hausse.

Peut-on faire baisser les prix des carburants ?

Chacun y va de sa proposition, c'est à qui sera le plus démagogue : baisse de la TVA, blocage des prix… mais cela ne résout pas le problème. Une baisse des prix par la réglementation ne créera pas de carburant supplémentaire ; les consommateurs manqueront toujours de carburant, mais quand ils en trouveront, ils feront des stocks aggravant la pénurie et faisant à nouveau monter les prix. Le marché étant mondial, les quantités disponibles iront là où elles se vendront le mieux, d’où l’impossibilité de bloquer les prix et les marges des compagnies pétrolières.

La seule solution pour baisser les prix est le rationnement : chaque automobiliste disposerait d’un carnet de tickets de carburant à un tarif réduit ( disons 1,7 €/litre), l’État payant le complément aux distributeurs ; au-delà, les prix seraient libres, la régulation des volumes se faisant par les prix. La mise en place de cette véritable usine à gaz prendrait un certain temps !

Faire de la crise une opportunité

On sait (depuis 1972 !) que les quantités de pétrole disponibles diminuent inexorablement. En 2050, la France ne pourra, au mieux, importer que 50 % de ce qu’elle importe aujourd’hui et à un prix très supérieur (c’est le même problème pour les pays non producteurs). La crise actuelle doit être une opportunité pour accélérer l’indispensable transition vers la mobilité électrique.

Pour booster le marché, une solution simple et immédiate : augmenter la prime à la substitution d’un véhicule thermique par un véhicule électrique. Pour la financer une imposition de 10 % des dividendes distribués cette année (rappel : les grandes entreprises françaises ont versé, au deuxième trimestre 2026, le montant de dividendes le plus élevé d’Europe – 61 milliards d’euros –, se classant au deuxième rang mondial derrière les États-Unis) qui rapporterait 6 milliards d’euros transformés en prime de 15 000 € pour 400 000 véhicules électriques – produits en Europe –, voilà qui améliorerait l’impact sur la demande de carburants ainsi que la qualité de l’air et de notre environnement.

Urgence climatique

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