Les précipitations extrêmes sont plus fréquentes et plus intenses en raison du changement climatique sur la majeure partie de la planète. En conséquence, les inondations sont probablement devenues plus fréquentes et plus sévères dans certains endroits, comme c’est la cas actuellement en France.

Après l’Espagne et le Portugal, la France fait face à une situation de « crue généralisée » en raison d’un niveau de saturation des sols inédit, un phénomène d’abord lié au cumul de pluies exceptionnel depuis deux mois et qui peut être influencé par des facteurs humains liés notamment à l’imperméabilisation. La France se trouve dans « une situation exceptionnelle » alors que le pays est « depuis 30 jours d’affilée sans discontinuer en (vigilance crue) orange ou en rouge.

On a dépassé tous les records depuis que Vigicrues, le service public d’information sur les risques de crues en France, a été créé en 2006. Une situation exceptionnelle qui tient aussi au fait que la France a atteint en cette période un indice de l’humidité des sols le plus élevé, depuis le début de compilation de cette donnée en 1959,.

Un phénomène, très particulier de « courant-jet »

Selon Météo-France, ce niveau d’humidité des sols est équivalent au record absolu de cet indice. Tous les sols sont saturés partout et ont perdu leur capacité d’infiltration. Les pluies qui tombent vont naturellement rejoindre les rivières par le ruissellement sur le sol puisque le sol ne peut plus absorber l’eau : toutes les perturbations qui arrivent réalimentent en permanence les crues.

L’événement pluvieux est lié à un phénomène très particulier dit de « courant-jet », un courant atmosphérique d’altitude qui influence les dépressions, De manière générale, dans le futur, dans un contexte d’accélération climatique, on peut s’attendre à avoir plus de pluie dans l’atmosphère.

Agir contre l'imperméabilisation des sols

Les précipitations extrêmes sont plus fréquentes et plus intenses en raison du changement climatique sur la majeure partie de la planète. En conséquence, les inondations sont probablement devenues plus fréquentes et plus sévères dans certains endroits, bien qu’elles soient également affectées par d’autres facteurs humains (gestion de l’eau et des défenses, densification, artificialisation des sols).

Les épisodes de crues arrivent sur des territoires qui, depuis des décennies, ont été imperméabilisés, soulignent les experts. Selon eux, une crue, ce n’est pas simplement de l’eau qui tombe, c’est aussi des mécanismes de ruissellement qui vont être aggravés par l’imperméabilisation, l’urbanisation et la densification.

Les crues sont dont le cumul des politiques d’aménagement urbain, qui ne tiennent pas compte, ou si peu, du dérèglement climatique. Localement, à travers les plans d’urbanisme (PLUi, Scot) et la redéfinition des zones à risques, les collectivités locales peuvent agir pour limiter les dégâts : elles doivent appliquer sans faillir la loi ZAN et ne pas céder devant ceux qui la refusent car elle heurte leurs intérêts financier à court terme. Il n’est plus possible d’empêcher le dérèglement climatique, il fallait agir il y a 30 ans, mais il est possible d’agir pour éviter qu’il ne s’aggrave dans les prochaines années.

C’est un enjeu majeur pour les nouvelles équipes municipales, si elles en ont conscience, et si les citoyens se mobilisent.