Les journées plus longues sont un facteur aggravant : pourquoi l'épisode de chaleur qui débute est différent de celui de mai mais confirme l'urgence de lutter et de s'adapter au dérèglement climatique.
Fin mai, la France avait déjà connu une vague de chaleur historique, la plus importante pour un mois de mai. Deux semaines plus tard, les températures élevées sont de retour, alors que l’on n’est qu’au printemps.
Un deuxième épisode plus important que le premier
Fin mai, l'Hexagone avait enregistré des températures records avec des pointes jusqu'à 37 °C. À l'origine de plusieurs décès et d'hyperthermies, cet épisode, d'une précocité inédite, avait été qualifié d'historique. Cette fois, les températures devraient être bien au-dessus des normales de saison sur l'ensemble du territoire, y compris dans les régions du Nord-Est, qui sont souvent plus difficiles à réchauffer en raison de leur éloignement des influences subtropicales directes.
Dès mardi 16 juin, l'air sera bien plus chaud : "Il y aura une vraie montée en puissance au cours de la semaine, on pourra peut-être parler de vague de chaleur", selon les experts. Les jours sont de plus en plus longs à mesure que le solstice d'été du 21 juin approche. Lors des épisodes de chaleur, les températures ont donc moins de temps pour baisser la nuit. Mi-juin, l'ensoleillement est maximal. Cette énergie solaire favorise un réchauffement plus efficace des basses couches de l'atmosphère. Les sols sont plus secs dans de nombreuses régions, ce qui peut provoquer plus facilement des incendies.
Une dégradation orageuse, surtout sur les régions de l'Ouest, est prévue en fin de semaine.
S’adapter n’est pas une option, mais une nécessité
L’aggravation du dérèglement climatique, un seuil a été malheureusement franchi depuis quelques années, faute de mise en œuvre des politiques climatiques nécessaires, doit entraîner une adaptation. Tant pour l’économie (horaires de travail, durée, arrêt de chantiers…) que pour le scolaire. Ce sont tous les rythmes de vie quotidiens qui vont être perturbés.
Les collectivités locales vont être en première ligne pour faciliter l’adaptation de leurs habitants et prendre soin des plus fragiles, mais aussi pour transformer leurs espaces publics : bâtiments plus résilients, zones de fraîcheur, déminéralisation des centres-villes, plantation d’arbres…
L’adaptation, accompagnée de la décarbonation de notre économie, aura un coût, largement inférieur à ne rien faire. Il faut donc réorienter des crédits publics tant vers les mesures générales que pour l’action des collectivités locales. En ces temps de crise financière, cela demande des convictions et des personnalités politiques fortes.
Mais tout le monde n’est pas persuadé de la réalité du réchauffement climatique. En Eure-et-Loir, les climato-sceptiques tiennent la dragée haute en soutenant des projets insensés (A154) et en occupant des postes politiques stratégiques (sénateurs, conseillers départementaux) qui permettent la mise en œuvre du déni climatique.
Le climat, c’est politique, ce n’est pas une fatalité tombée du ciel. À chacun de prendre ses responsabilités et da faire le bon choix.