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Incendies, records de chaleur, infrastructures sous tension : l’essentiel de cette journée historique

Cinquante-quatre départements étaient placés en vigilance rouge canicule mardi, et ils seront cinquante-huit mercredi. Au total, 44 millions d’habitants sont concernés par ces chaleurs extrêmes. Des chiffres qui donnent froid dans le dos, sans nous rafraîchir pour autant.

Après la nuit la plus chaude jamais enregistrée, la France a connu, mardi 23 juin 2026, sa journée la plus chaude depuis le début des mesures en 1947. L’indicateur thermique national a atteint 29,8 °C, dépassant les précédents records établis les 5 août 2003 et 25 juillet 2019 (29,4 °C).

La mobilisation du système de santé est totale alors que la canicule continue de s’étendre, mettant à rude épreuve les infrastructures et les organismes. Mercredi, avec 58 départements en vigilance rouge, 44 millions de Français seront confrontés à ces températures exceptionnelles.

Les incidents liés à la chaleur se multiplient :

  • un hôpital de l’Oise a été victime d’une panne de ses groupes froids ;
  • deux adolescents se sont noyés dans un lac artificiel en Belgique ;
  • plus de 25 feux de forêt ont été signalés, notamment en Maine-et-Loire et dans le Lot-et-Garonne ;
  • un réacteur nucléaire a été arrêté à Golfech (Tarn-et-Garonne) et quatre centrales ont dû réduire leur production ;
  • 339 records de chaleur ont été battus ;
  • à 18 heures, la température dépassait les 40 °C dans près de 400 communes françaises ;
  • 1 800 établissements scolaires ont dû fermer leurs portes.

La liste pourrait encore s’allonger, mais la conclusion est claire : la France n’est pas préparée au réchauffement climatique.

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs »

Vingt-quatre ans après l’avertissement lancé par Jacques Chirac, sous l’influence de Nicolas Hulot, lors du Sommet de la Terre de 2002, ce message semble avoir été oublié par nombre de responsables politiques et décideurs.

Le monde politique continue trop souvent de ne pas considérer la lutte contre le réchauffement climatique comme une priorité absolue. Pourtant, la réalité est implacable : ignorer les alertes scientifiques au profit d’intérêts financiers de court terme revient à organiser un suicide collectif.

Personne ne peut prétendre être surpris. Depuis des décennies, les scientifiques documentent avec précision les conséquences de l’augmentation des températures. Tout le monde est informé, y compris les climatosceptiques les plus obstinés.

Il faut également dénoncer le double discours du gouvernement en matière écologique : annoncer un plan d’adaptation au changement climatique tout en réduisant les moyens qui lui sont consacrés. Ainsi, le gel de 20 % du budget du Fonds vert, soit 162,5 millions d’euros, affaiblit un dispositif essentiel pour accompagner les collectivités territoriales dans leurs investissements en faveur de la transition écologique et de l’adaptation climatique.

L’impréparation des services de l’État, de l’Éducation nationale ou encore de la SNCF apparaît aujourd’hui au grand jour.

Les fortes chaleurs provoquent déjà plusieurs milliers de décès chaque année en France et entraînent des dégâts économiques considérables. Dans le même temps, l’extrême droite et une partie de la droite, avec le soutien du centre et le silence souvent complice de la gauche, s’attaquent à de nombreuses mesures environnementales : développement des énergies renouvelables, rénovation des passoires thermiques, mise en place des zones à faibles émissions ou encore préservation des sols.

Il suffit d’observer ce qui se passe dans notre département : destruction de zones naturelles et agricoles au profit d’entrepôts logistiques destinés à soutenir les importations de produits chinois, projet d’autoroute A154 totalement déconnecté des enjeux climatiques, minéralisation croissante des centres-villes et, à Chartres, remplacement d’arbres par des parasols ! C’est une politique punitive et à contre-courant des impératifs climatiques qui est aujourd’hui mise en œuvre.

Des priorités absolues pour adapter enfin notre pays

La répétition d’événements climatiques extrêmes à un rythme toujours plus soutenu doit conduire à une prise de conscience collective.

Des priorités s’imposent. Il faut permettre aux établissements de santé, aux EHPAD et aux écoles de disposer des équipements nécessaires — protections solaires, stores, systèmes de rafraîchissement, brumisateurs ou climatisation adaptée — afin de garantir des températures supportables.

Pour autant, la généralisation de la climatisation ne constitue pas, à elle seule, une réponse durable. Sans une politique ambitieuse de rénovation thermique des bâtiments, nous ne ferons que déplacer le problème. Cette rénovation est d’ailleurs tout aussi indispensable pour faire face aux épisodes de grand froid, aux tempêtes ou aux inondations, car le dérèglement climatique signifie davantage d’extrêmes, dans tous les sens du terme.

La lutte contre le réchauffement climatique doit devenir le nouveau paradigme autour duquel s’articulent l’ensemble des politiques publiques. Il faut planifier, anticiper et financer. Les solutions existent déjà : elles ont été étudiées, évaluées et documentées. Ce qui manque aujourd’hui, ce n’est pas la connaissance, mais la volonté politique de les mettre en œuvre à tous les niveaux de nos territoires.

Et pour commencer, les élus auront l’occasion de démontrer leur volonté de changement et leur capacité à prendre en compte les réalités climatiques dès septembre 2026, lors des sénatoriales en Eure-et-Loir.