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Le Haut Conseil pour le climat (HCC) a publié son 8e rapport annuel, le jeudi 9 juillet 2026. En pleine canicule, le Haut Conseil juge que les politiques climatiques restent insuffisantes.

La France n’est pas prête, indique le HCC. Pour y faire face, il est impératif que la France change d’échelle dans l’ampleur, la portée et la vitesse de mise en œuvre des actions d’adaptation, estime l’organisme indépendant créé en 2018 pour évaluer l’action climatique du gouvernement et formuler des recommandations.

Chacun ne peut qu’être d’accord avec ce constat, en dehors des politiciens en place qui n’ont rien fait face à la situation climatique.

Un climat qui n’existe plus

D’après le HCC, les politiques climatiques françaises restent insuffisantes, aussi bien sur la décarbonation que l’adaptation. Comme le montrent les récentes vagues de chaleur à répétition, les impacts du changement climatique deviennent de plus en plus dangereux. Nous entrons dans une plage dangereuse. (…) Nos infrastructures, notre aménagement du territoire, nos écosystèmes et la gestion de nos activités économiques et pratiques socioculturelles se sont développés ou ont été dimensionnés dans un climat qui n’existe plus, a souligné Valérie Masson-Delmotte, l’une des experts indépendants du HCC.

Le rythme doit s’accélérer

Dix ans après l’accord de Paris de 2015, visant à contenir le réchauffement planétaire sous 2 °C et si possible sous 1,5 °C, de premiers progrès ont été faits en France avec un infléchissement des émissions de gaz à effet de serre, mais cela est tout à fait insuffisant, a estimé le président du HCC. La probabilité de contenir le réchauffement sous 2 °C demeure encore faible. Elle reste possible (…) mais il faut des efforts très rapides et majeurs. En 2025, les émissions françaises de gaz à effet de serre ont baissé de 2,1 %. Le rythme doit s’accélérer. Il va devoir au moins doubler ces prochaines années, donc atteindre en moyenne plus de 4 % par an en 2026, 2027 et 2028, a jugé Diane Strauss, membre du HCC. Au 1er trimestre 2026, les émissions ont baissé de 4,8 % grâce à un hiver doux.

La France doit prendre ses responsabilités en sortant des énergies fossiles et en ne contribuant plus au réchauffement climatique d’ici à 2050. La seule poursuite des politiques climatiques actuelles ne permettra pas de répondre à ces enjeux, et ce n’est pas les programmes connus des « présidentiables » qui vont améliorer la situation.

Une belle organisation bureaucratique

La France s’est dotée depuis 2025 d’une stratégie énergie climat (SFEC), articulée autour du troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3), la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et le projet de Stratégie nationale bas carbone (SNBC). Mais ces plans, très technocratiques, ne font pas l’objet des financements à la hauteur des besoins, estime le HCC, qui déplore un affaiblissement des politiques climatiques, notamment sur l’eau avec le projet de loi d’urgence agricole ou l’artificialisation des sols.

Une transition juste

Valérie Masson-Delmotte, climatologue, ancienne rédactrice du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec, créé en 1988 par l’ONU), a également souligné le décalage entre les efforts d’adaptation mis en œuvre concrètement et la forte augmentation des besoins d’adaptation dans un climat qui change vite, illustré par les canicules récentes. L’adaptation actuelle privilégie des réponses incrémentales, technologiques, qui traitent certains impacts tout en aggravant ou reportant les risques sur d’autres acteurs, ce qui présente un risque récurrent, systémique, de mal adaptation, a-t-elle expliqué, citant les exemples des retenus d’eau et de la climatisation.

 

Parmi les 82 recommandations du HCC, l’organisme préconise, outre la prévention structurelle, de financer aussi des réponses de court terme, comme la pose de volets, d’ombrages, de ventilateur de plafond, mais aussi le rôle des réseaux de froid et des dispositifs de climatisation fixes, en privilégiant les pompes à chaleur réversibles ou le renforcement du cadre réglementaire en santé au travail.