Edito du 5 mars 2026

Municipales, une machine à démotiver les électeurs

75 % des communes en Eure-et-Loir n’auront qu’une seule liste aux municipales. À l’issue de plusieurs réformes (scrutin de liste pour les petites communes, interdiction du panachage, parité), le résultat est sans appel : dans 75 % des communes d’Eure-et-Loir (c’est pareil dans le reste du pays), les citoyens n’ont plus le choix de leurs élus. Ils peuvent s’abstenir ou voter nul. Il suffit de déposer une liste en préfecture pour y être sûr d’être élu, on pourrait se passer de la journée électorale, puisqu’on connaît le résultat.

On ne s’étonnera pas du fossé qui se creuse entre les citoyens et les élus. Puisque les électeurs ne peuvent influencer le résultat final, pourquoi aller voter ? Il y a au final un déni de démocratie, résultat d’un empilement de réformes, toutes formulées avec une bonne intention mais sans réfléchir aux conséquences.

Bien sûr, dans 25 % des communes, il y aura un choix à faire avec deux ou plusieurs listes. Là au moins les citoyens ont leur mot à dire.

Deux réformes simples s’imposent :

  • Avoir la possibilité de déposer une liste incomplète (mais paritaire) pour permettre un choix aux électeurs et redynamiser la campagne.
  • Réintroduire la possibilité de panachage en dessous d’un seuil à définir.

Il faut savoir revenir en arrière quand une série de réformes aboutit à un résultat négatif. C’est aussi vrai dans d’autres domaines politiques, nous en reparlerons.